1965 - Georges Brassens a mis en musique et interprété un choix de strophes du poème «Rosaire» de FRANCIS JAMMES sous le titre «La Prière ».
PAROLES
Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent:
Je vous salue, Marie.
Par les gosses battus, par l'ivrogne qui rentre
Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l'humiliation de l'innocent châtié
Par la vierge vendue qu'on a déshabillée
Par le fils dont la mère a été insultée:
Je vous salue, Marie.
Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids
S'écrie: " Mon Dieu ! " par le malheureux dont les bras
Ne purent s'appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne:
Je vous salue, Marie.
Par les quatre horizons qui crucifient le monde
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins:
Je vous salue, Marie.
Par la mère apprenant que son fils est guéri
Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid
Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée
Par le baiser perdu par l'amour redonné
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie:
Je vous salue, Marie.
Comme la lune, la nuit apparaît dans ma vie
Comme une étincelle elle met le feu sous la pluie
Elle a fait de moi la victime de mes insomnies
Et j'me demande comment j'ai fait pour tenir jusqu'ici
Et si jamais je m'en vais
REFRAIN Mais tu iras où-où-où si jamais je m'en vais? Ça m'rendrait eh-eh-eh si jamais tu partais Mais tu iras où-où-où si jamais je m'en vais? Ça m'rendrait eh-eh-eh si jamais tu partais
Sometimes the moon hids in the clouds so high above me Her beauty fades beyond my glasses And every morning leaves me wondering if she loves me still I roll a dice and take my chances I roll a dice and take my chances
REFRAIN
Just like the rain she plants a flower in the desert of my heart, Until it withers in the sunlight, And as the hours pass I pray for her returning to me, A lonely shwadow in the moonlight A lonely shadow in the moonlight
REFRAIN
Et derrière chacun de tes pas
Je suis là mais tu ne me vois pas
C'est où-où-où (tu ne me vois pas)
C'est où-où-où (mais je suis là)
Et derrière chacun de tes pas
Je suis là mais tu ne me vois pas
C'est où-où-où (tu ne me vois pas)
C'est où-où-où (mais je suis là)
Comme la rose rouge qu'elle a posée sur ma poitrine
J'ai prié de peur qu'elle s'envole et ne s'abîme
Elle a fait de moi la victime de mes insomnies
Et j'me demande comment j'ai fait pour tenir jusqu'ici
Et si jamais je m'en vais
REFRAIN
Mais tu iras où-où-où si jamais je m'en vais?
Ça m'rendrait eh-eh-eh (I'm only shadow in the moonlight)
Mais tu iras où-où-où si jamais je m'en vais?
Ça m'rendrait eh-eh-eh (I'm only shadow in the moonlight)
Où-où-où (I'm only shadow in the moonlight)
Un poète ne vit pas très longtemps
Il se croque la vie à pleines dents
Brûle toutes cartouches en même temps
Se moquant des faux-culs, des faux-semblants
Un poète ne vit pas très longtemps
Un poète ne vit pas très longtemps
Si vous l'avez cru voir vieillissant
Son fantôme, son spectre assurément
Ou sa dernière blague d'étudiant
Un poète ne vit pas très longtemps
ah ah ah ah ah...
Un poète se meurt de temps en temps
Ce n'est pas la cohue à l'enterrement
Juste quelques amis, quelques parents
On n'a pas alerté les présidents
Un poète se meurt de temps en temps
Un poète se meurt de temps en temps
On ne retrouve pas de testament
Encore moins d'héritiers, de prétendants
Seule est là la compagne des jours sans
Un poète se meurt de temps en temps
ah ah ah ah ah...
Un poète, c'est sûr c'est emmerdant
Et ça n'est jamais très très bien pensant
À la moindre injustice, ça va gueulant
Contre les cons, le vice et les puissants
Un poète, c'est sûr, c'est emmerdant
Un poète, c'est sûr, c'est emmerdant
Ça ne craint ni l'exil ni les tourments
Ça écrit quand est grand le dénuement
Avec la dernière goutte de son sang
Un poète, c'est sûr, c'est emmerdant
ah ah ah ah ah...
Un poète, ça vit très très longtemps
Si j'ai dit le contraire apparemment
C'est que les mots, les mots, c'est bien changeant
S'ils sont dits au passé ou au présent
Un poète, ça vit très très longtemps
Un poète, ça vit très très longtemps
On ne compte le nombre de ses enfants
Il en naît chaque hiver, chaque printemps
Qui la gloire du prophète vont chantant
Un poète, ça vit très très longtemps
Moi, j'ai une toute p'tite ligne de chance
Moi, j'ai une toute p'tite ligne de chance
Si peu de chance dans la main
Ça me fait peur des lendemains
Ma ligne de chance, ma ligne de chance
Dis-moi chéri, qu'est-ce que t'en penses ?
Ce que je pense, quelle importance ?
C'est fou ce que j'aime ta ligne de hanche
Ta ligne de hanche, ma ligne de chance
J'aime la caresser de mes mains
Ta ligne de hanche, ma ligne de chance
C'est une fleur dans mon jardin
Mais regarde ma p'tite ligne de chance
Mais regarde ma p'tite ligne de chance
Regarde ce tout petit destin
Si petit au creux de ma main
Ma ligne de chance, ma ligne de chance
Dis-moi chéri, qu'est-ce que t'en penses ?
Ce que je pense, quelle importance ?
Tais-toi et donne-moi ta main
Ta ligne de hanche, ma ligne de chance
C'est un oiseau dans le matin
Ta ligne de hanche, ma ligne de chance
L'oiseau frivole de nos destins
Quand même une si p'tite ligne de chance
Quand même une si p'tite ligne de chance...
Une si p'tite ligne, c'est moins que rien
À peine un p'tit point dans la main
Ma ligne de chance, ma ligne de chance
Dis-moi chéri, qu'est-ce que t'en penses ?
Ce que j'en pense, quelle importance ?
J' suis fou de joie tous les matins
Ta ligne de hanche, ma ligne de chance
Un oiseau chante dans mes mains
Ta ligne de hanche, ma ligne de chance
C'est l'oiseau vol(e) de nos destins.
Dans le film, Anna Karina chante avec Jean-Paul Belmondo.
Tant qu'il y aura des hommes
Y aura des villes en flammes
Des tours de Babylone
Des forêts de napalm
Y aura d'autres croisades
Y aura d'autres prisons
Y a qu'à changer les dates
Y a qu'à changer les noms
Tant qu'il y aura des hommes
Y aura des filles maudites
Des routes qui mènent à Rome
Des couleurs interdites
Y aura des kamikazes
Et la Loi du Talion
Y aura de l'eau dans l’gaz
Des gazelles et des lions
Tant qu'il y aura des hommes
Mais pour un seul poète
Qui vole vers l'azur
Mais pour un seul prophète
Qui fait trembler les murs
Et pour un géranium
Qui pousse dans les charniers
Tant qu'il y aura des hommes
On pourra espérer
Malgré nos vies qui s'emballent dans une époque folle
Où un rien nous détourne du simple instant présent
Alors que tout s'envole
Avec le temps
Malgré la mort, celle qui frappe et qui nous fait pleurer
Ou bien celle qui un jour, tôt ou tard, nous fauchera
Je m'accroche les pieds
Ici-bas
Malgré l'amour celui qui nous fait vivre d'espoir
Qui parfois fait si mal quand on reste sur le seuil
D'une trop courte histoire
Sans qu'on le veuille
Malgré la haine qui souvent nous retombe sur le nez
Et les caves qui s'abreuvent de ce triste crachat
Je m'accroche les pieds
Ici-bas, ici-bas
REFRAIN Tant que mes yeux s'ouvriront Je chercherai dans l'horizon La brèche qui s'ouvre sur mes décombres La lueur dans les jours plus sombres Tant que mes pieds marcheront J'avancerai comme un con Avec l'espoir dans chaque pas Et ce jusqu'à mon dernier souffle, ici-bas
Malgré les merdes, les revers, les choses qui nous échappent
Les p'tits, les grands tourments, les erreurs de parcours
Et tout c'qui nous rattrape
Dans le détour
Malgré l'ennui, le trafic, les rêves inachevés
La routine, le cynisme, l'hiver qui finit pas
Je m'accroche les pieds
Ici-bas, ici-bas