
PAROLES
Bien qu'elle en sourie
Elle a le cœur gros
D'avoir encore mis
Une assiette en trop
Fâcheuse habitude
Depuis que son fiston
Pour faire des études
A fait ses cartons
On l'avait prévenue
Que ce serait coton
Quand le dernier venu
Quitterait le cocon
Ça lui parait dingue
Ce temps révolu
Le panier à fringues
Ne déborde plus
Bien sûr, elle est fière
Mais ça pique un peu
Pour moi, pour mes frères
Elle a fait de son mieux
Ma mère est de celles
Qui sont mine de rien
Toujours aussi belles
Soixante ans plus loin bis
Ma mère est de celles
Toujours aussi belles
Soixante ans plus loin
Elle caresse le chat
Les yeux au plafond
Elle regrette déjà
La musique à fond
Comme elle rembobine
Le film du passé
Ce soir, elle cuisine
Des pâtes alphabet
La table est immense
Le matou heureux
Le repas, tu penses
Est bien silencieux
Peut-être qu'il faudra
Libérer l'espace
Des rallonges en bois
Qui prennent toute la place
Bien sûr, elle est fière
Mais ça pique un peu
Pour moi, pour mes frères
Elle a fait de son mieux
Ma mère est de celles
Qui sont mine de rien
Toujours aussi belles
Un divorce plus loin bis
Ma mère est de celles
Toujours aussi belles
Un divorce plus loin
En passant devant
Les piaules désertiques
Le bordel d'avant
La rend nostalgique
Elle entend les rires
Le parquet qui craque
Elle sait que vieillir
Est une belle arnaque
Le front dans sa paume
Elle en mène pas large
De laisser ses mômes
Dans un monde de barges
Une daronne, il faut
Toujours qu'elle s'inquiète
Même quand ses marmots
La dépassent d'une tête
Bien sûr, elle est fière
Mais ça pique un peu
Pour moi, pour mes frères
Elle a fait de son mieux
Ma mère est de celles
Qui sont mine de rien
Toujours aussi belles
Quatre enfants plus loin bis
Ma mère est de celles
Toujours aussi belles
Quatre enfants plus loin
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